C'est la très controversée loi contre le téléchargement illégal sur internet. Votée finalement le 13 mai dernier, elle prévoit la surveillance des téléchargements des internautes et trois lettres d'avertissement (dont la dernière recommandée) avant la coupure d'internet pendant une période d'un an pour le contrevenant. Ce dernier ne sera pas dispensé de payer sa facture internet sur cette période afin de ne pas léser les fournisseurs d'accès. Êtes-vous pour ou contre?
Contre Hadopi
Cette loi est tout simplement un non sens et basée sur des statistiques tronquées. Il serait prouvé que le téléchargement nuirait aux industries du disque, du cinéma et à la création en général. Un téléchargement illégal de film représenterait à la fois une place en moins au cinéma, un DVD en moins d'acheté, de loué, une V.O.D en moins... La réalité est en effet toute autre. D'autres statistiques prouveraient au contraire que le téléchargement est surtout le fait de profils fréquentant bien plus les salles et dépensant bien plus dans le multimédia que tous les autres. D'ailleurs la fréquentation au cinéma explose en ce moment et les industries du disque auraient prospéré de 4%, sans parler de la SACEM qui enregistre des records... Il s'agit surtout d'une loi liberticide, pretexte à surveiller et contrôler le net par l'intermédiaire des internautes. Elle permet de protéger de grosses compagnies. Internet doit rester un espace de liberté et d'échange permettant de diffuser les oeuvres et les créations vers le plus grand nombre. De nombreux nouveaux succès musicaux proviennent d'un buzz internet. De plus, difficilement applicable, cette loi sera source de nombreuses erreurs et injustices. Elle intervient bien trop tard car c'est toute une génération qui considère que le téléchargement est habituel et normal: il est en effet nécessaire de payer pour accéder à internet et les fournisseurs d'accès ont implicitement favorisé le téléchargement. Le laxisme de ces 10 dernères années ne peut pas être rattrappé par une loi sanctionnant les internautes qui plus est dans une période de crise mondiale.
Pour Hadopi
Internet ne pouvait pas continuer à être une zone de non droit. Ses opposants ne se rendent pas compte des conséquences du téléchargement illégal. Il ne s'agit pas des intérêts des majors de la musique ou du cinéma mais tout simplement du pillage de l'oeuvre d'un créateur et de la survie de l'artiste. L'art n'a jamais été gratuit. Si l'art, et il s'agit ici plutôt aussi de divertissement, n'est plus financé par l'achat volontaire, il le sera alors par des mécènes, de grands groupes industriels ou pire, des états. L'art et le divertissement deviendraient au mieux de grands spots publicitaires à la gloire d'une marque et au pire des instruments de propagande. Il ne faut pas oublier que le net n'a pas de frontière. Ce scénario paraît extrémiste bien sûr mais il ne faut pas oublier que cette loi Hadopi n'ajoute que des sanctions: le téléchargement était bien illégal auparavant. L'industrie du divertissement se développe donc depuis toujours sur un financement populaire. Si l'on abandonne cette loi, cela reviendrait à légaliser le téléchargement et d'autres modes de financement seraient donc à trouver. Les buzz internet seraient recherchés, mais si des enjeux financiers sont en cause, ils pourraient être provoqués. Les oeuvres doivent en effet être protégées, aussi dans le sens noble du terme: il ne s'agit plus simplement de copie mais de modification de l'oeuvre originale. Légaliser les téléchargements reviendrait aussi à légaliser la diffusion de tous les écrits, les bandes-dessinées, les publications périodiques. Un impot supplémentaire serait trouvé et le financement serait contrôlé par l'état, génial non? La loi Hadopi était donc inévitable, il faut la voir comme une loi protégeant l'achat volontaire, base de toutes les démocraties.
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